Le médecin malgré nous
 
                
Le Ministère de l'Education Nationale a finalement bien voulu "repêcher" le millier de bacheliers candidats aux études de médecine qui avait été écarté par le site APB. Ces nouveaux carabins pourront heureusement voir leur voeu exaucé. Il s'agit bien pourtant du premier obstacle inique qui se dresse sur la route de leur vocation. Si tout le monde connait la broyeuse du concours d'entrée en deuxième année, le stakhanovisme pour préparer l'internat et l'infini tunnel des 9 années d'études, il est effrayant de constater qu'au terme de ce chemin de croix nos jeunes médecins ne toucheront pas au karma qu'ils mériteraient. Selon une récente étude, 66% des jeunes et futurs médecins souffrent d'anxiété (vs 26% de la population française), 28% sont atteints de troubles dépressifs (vs 10% de la population française) et plus grave encore 24% déclarent avoir eu des idées suicidaires !

Leur thèse en poche, c'est donc éreintés d'apprentissages et de gardes, tristes, anxieux et dépressifs qu'ils entendront les caciques de l'Etat colbertiste leur demander de s'installer en Lozère ou en Haute Marne pour remplir les déserts médicaux. Ils devront aussi faire face aux ensorcelés anti-vaccin de l'ex docteur et néo gourou Joyeux, expliquer aux défiantes que la pilule contraceptive reste une belle victoire et que tous les laboratoires pharmaceutiques ne sont pas Servier. Au 17ème, Molière travestissait Sganarelle en médecin parce qu'il s'agissait d'une fonction noble. Il semblerait bien que, hormis les coups de bâton, nous ayons transformé nos futurs médecins en Sganarelle de la société moderne.
 

 
Franck BOISSIN
Directeur Général
 

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